Gros surf à Teahupoo

Facebookredditmail

Je suis en Polynésie depuis quelques semaines et avant de rentrer en France je m’étais fixé comme objectif de surfer la plus belle, la plus connue, la plus puissante et la plus dangereuse des vagues, la fameuse vague de Teahupoo.

Je décolle de Taapuna (voir l’article) dans l’après-midi pour arriver en début de soirée au village de Teahupoo. Nous sommes ici au bout du monde, tout au sud de Tahiti sur la presqu’île. Je gare ma voiture au rondpoint connu pour son « monument photographique » :).

le barrel beaucoup plus facile à caler qu’en vrai, haha

Je passe le petit pont pour rejoindre Tahurai Homestay (the place to be).

Ça fait toujours bizarre de voir en vrai un lieu comme celui-ci après avoir vu et lu des dizaines de vidéos et d’articles.

Le gros swell

Nous sommes le 06/08/2021, un gros swell est en train de rentrer, j’entends les premières histoires sur la session de l’après-midi avec d’énormes bombes qui sont passées. Demain s’annonce épique.

Voir un gros Teahupoo, c’est une expérience unique, il ne faut pas louper ça. Je réserve une place sur le premier bateau du matin.

7H00 du matin, je suis sur le bateau, le capitaine n’est pas moins que la sœur de Matahi Drollet, la légende locale. Quelques minutes plus tard, nous sommes sur le spot.

Quel spectacle !! Des bombes de 4 mètres passent !

Nous sommes aux premières loges, une faille dans le reef permet d’approcher la vague au plus près. Quand la série arrive, tu te dis qu’il ne faut pas que le moteur du bateau lâche.

Kauli Vaast sort un barrel de fou. C’est incroyable, le souffle arrive jusqu’au bateau.

Un peu plus tard, Matahi drollet part sur une bombe en foil, il tombe juste à la fin, mais il repousse les limites du surf en prouvant que tuber en foil c’est possible !

Le bateau doit rentrer mais le spectacle continue dans l’eau, je n’en suis clairement pas rassasié.

Après quelques prises d’informations sur la mise à l’eau, le courant, etc… (Faut pas se louper car ça peut vite mal tourner) je décide d’aller au spot en surf.

Oui Teahuppo est accessible à la rame, une bonne partie des surfeurs le font, il faut compter une bonne quinzaine de minute.

Arrivé au spot, je distingue 3 zones,

La zone des surfeurs (au pic), avec cette taille et les séries surprises qui décalent, ce n’est même pas la peine d’essayer de s’en approcher.

La zone des photographes aquatiques est positionnée en fin de vague, voire un peu avant puis il y a la zone des bateaux.

Au début, je suis au milieu des bateaux car impressionné par le monstre, je n’ai pas envie de m’approcher de trop. Mais c’est finalement une mauvaise idée, car les moteurs des bateaux sont très proches, cela reste dangereux.

Je me positionne du coup devant les bateaux à côté des photographes, la vue et les sensations sont décuplées. Tu te fais arroser par chaque souffle, tu entends et ressens la puissance de la vague, une expérience unique !

La vague est assez mécanique, c’est une machine, toujours au même endroit, lisse avec un effet miroir, extraordinaire.

Au fur et à mesure je prends confiance et m’approche mais quand la série pointe le bout de son nez, il faut vite ramer vers le large. J’ai vu un surfeur se faire attraper dans la machine, en une vague, il a cassé la planche, le leash et son short ainsi que son dos était lacéré. C’est presque bizarre mais c’est tant mieux qu’il n’y ait pas plus d’accident mortel tellement Teahupoo est dangereuse.

Respect à tous ceux et celles qui se lancent dans ces tubes géants.

Cette journée était la plus grosse session depuis 2 ans d’après les dire des locaux, remplacée par la fameuse session du 13 août 2021 encore plus grosse, ça a dû être quelque chose !

Ma session

Le lendemain, la houle est bien tombée, il y a 2 mètres sur les séries et 2 mètres à Teahupoo c’est déjà sérieux. Je vois qu’il y a du niveau à l’eau, les conditions sont ultra clean.

Keahi De Aboitiz bien deep

J’y vais, j’y vais pas, je suis dans le doute avec ce que j’ai vu la veille, je suis bien calmé, j’ai vu comment ça peut être. Je m’en remets aux conseils de Tahurai, la figure locale qui connaît parfaitement le spot. Dans les grandes lignes ça dit ça « Va voir, prends la température puis si tu le sens, approche-toi du pic, au bout d’un moment il y en aura une pour toi. Prends ta grande planche, il faut ramer fort »

Allez go, je rame jusqu’au line up, moins de 10 personnes à l’eau, Lucas Chambo (gros chargeur à Nazaré) et Keahi (x3 champion du monde de kite) fond le spectacle, je suis impressionné par leur aisance. Jack, un bodyboarder, rencontré la veille, me coache sur le fonctionnement du spot et le positionnement à avoir, merci à lui !!!!

J’essaye de prendre les séries plus ouest qui sont décalées à l’extérieur du pic. Y’a plus d’eau et si tu tombes c’est plus facile à sortir. Je me tape quelques sprints pour échapper aux fameuses « sneaky wave ».

Après 2 heures à ramer à droite à gauche, en gros à batailler avec moi-même pour prendre la confiance, j’arrive à prendre une vague. Ce n’est pas une série mais ça accélère fort, les dérives sifflent. Trop content d’avoir débloqué ma tête et scoré Teahupoo sans casse. Je suis mort, on me propose le retour en bateau, job is done, merci les gars 🙂

Les jours suivant la houle a continué de baisser, j’ai pu enchaîner 2 sessions par jour et prendre plus de vagues. Toujours une ambiance, avec des encouragements dès qu’une bombe arrive.

A savoir : La vague peut se surfer sur des tailles accessibles au commun des mortels, 1-1,50 mètres.

Les jeunes surfeurs sont entraînés très tôt sur le spot.

Quelques conseils si tu veux surfer à Teahupoo :

  • C’est une vague qui demande de l’engagement, si tu as décidé de prendre une vague, il faut y aller à 100%, pas de place pour l’hésitation, pas de marche arrière, sinon c’est le wipe out garanti.
  • Porter un casque, je ne l’avais encore jamais fait mais je pense que ça m’a rassuré et fait prendre de meilleures vagues au final.
  • Ne pas sous-estimer la taille et la puissance de la vague. Du bord, la vague est loin, cela peut paraître petit mais il y a toujours des séries plus grosses. Et même petite, le fond n’est jamais très loin.
  • Ne pas sur-estimer ses capacités, le spot du Teahupoo est un spot pour les surfeurs confirmés. Si tu habites en France, les vagues type la Gravière sont un parfait entraînement.

Se faire accompagner ou coacher par des locaux, ils connaissent le spot mieux que personne, ils sauront bien te conseiller.

  • Toujours rester humble et avoir du respect, envers le spot, le lieu (le mana est là) et envers les locaux.

Petite anecdote, quand je parle des locaux, je pense aussi à ceux qui sont sous l’eau. Tu es en plein Océan Pacifique et il y a des grosses bestioles. Je me suis retrouvé au large avec un requin à quelques mètres, c’est flippant mais c’est commun.

Sunset à Teahupoo

J’ai réalisé un rêve en quelques jours, voir un gros swell à Teahupoo puis pouvoir surfer la vague ensuite. Je reviens avec la tête pleine de souvenirs, merci Tahiti 🙂

La suite arrive bientôt avec Moorea

Facebookredditmail

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *